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Un remarquable citoyen de Courchapoix

Qui donc est F.F. Rollat ? Pourquoi ressortir ce personnage des archives où il s’empoussiérait ?

Et bien, parce que c’est probablement un des citoyens les plus illustres de Courchapoix. 

Bien sûr, nous avons connu un conseiller d’état bernois, M. Henri Mouttet (1883-1975). Il possédait la ferme qui se trouve à gauche, dans le virage, au n° 1 de la route de Montsevelier. Cette maison est actuellement habitée par la famille de Pierre Frund.

Et François-Ferdinand Rollat ?

Pour lui, il faut remonter plus loin, au tournant des 18e et 19e siècles. Il nous a laissé ses mémoires, sous le titre

Mémoires de François-Ferdinand Rollat de Courchapoix, de 1792 à 1822

Mémoires publiés et annotés par l’abbé A.Daucourt, archiviste, in Daucourt A., Épisodes de l’histoire de Delémont au XVIIIe siècle, imprimerie Grobéty & Membrez, Delémont, 1910.

Remarque : les passages en caractères italiques sont des citations, les n° de pages renvoient au volume précité.

Sa famille

F.F. Rollat naît le 22 mars 1762, à Courchapoix. Il est fils de Marie-Anne Briselance, de Courrendlin et de Pierre Rollat, de Courchapoix.

Pierre Rollat exerce la profession de notaire et greffier. Il est également modérateur du chapitre de Salignon (Decanatus Salisgaudiaie). Ce chapitre exerce l’autorité du Prince Evêque sur la région qui environne Delémont.

Pierre Rollat est donc un notable.

Sa formation

Le père de FF. Rollat, Pierre Rollat, notaire et greffier est un homme instruit. Il s’occupe lui-même de l’instruction de son fils. A l’époque, l’école paroissiale est réduite à sa plus simple expression.

Il enverra ensuite son fils étudier au Collège des Jésuites, à Porrentruy. François-Ferdinand ne fréquentera pas le séminaire où l’on éduquait des enfants du peuple en vue d’en faire des prêtres ou des régents, mais bien le collège, destiné aux enfants de familles très aisées ou de l’aristocratie locale.

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Collège des Jésuites, Porrentruy

Cette partie du Collège des Jésuites est devenue l’Ecole normale du Jura, dès 1837, puis a abrité l’école secondaire Thurmann. Aujourd’hui, c’est une partie du Lycée.

Comment se présente le Jura à l’époque de l’enfance de FF. Rollat ?

Le Prince-Evêque règne sur deux entités distinctes. Sa principauté et son évêché ne se recouvrent pas.

Par exemple, en Ajoie, il est prince, mais pas évêque. En Haute-Alsace et à Bâle, au contraire, il est évêque mais pas prince.

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Diocèse et principauté avant la Révolution_AAEB

voir le document original AAEB

On symbolise ces deux pouvoirs par l’image de l’épée et de la crosse croisées. On peut les voir sur la grille du château de Delémont.

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Château de Delémont_grille

Au centre se trouvent les armoiries du prince-évêque Jean-Conrad de Reinach, qui fit construire le château de Delémont, de 1716 à 1721.

Mais que devient F.F. Rollat ?

 

François-Ferdinand Rollat au service du roi de France 

Que devient F.F. Rollat après son passage au collège ?

Pour un fils de famille aisée, sans titre de noblesse, deux voies s’ouvraient, la religion ou l’armée. Rollat choisit l’armée. 

Il s’engage dans le régiment suisse au service de Monsieur, frère du Roi de France.

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Suisses au service de la France

Il sera alors témoin de la Révolution française et de ses événements sanglants.

En savoir plus sur les Suisses au service de la France

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Monsieur Frère du Roy

Monsieur frère du roi deviendra roi après la révolution française sous le nom de Charles X

François-Ferdinand Rollat, dégoûté des ravages de la Révolution passe dans le régiment de Reinach, au service du Prince Évêque Joseph de Roggenbach. Le prince-évêque est alors réfugié à Bienne.

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Drapeau du rgt de Reinach

Ce régiment, qui portera le nom de ses commandants, de Reinach, d’Eptingue et de Schönau, était au service du roi de France. Son aumônier, le Doyen Morel deviendra une grand figure jurassienne et jouera un rôle important dans l’histoire du Jura durant la première moitié du XIXe siècle. Il rêvait d’un Jura uni.

FF.Rollat obtient le grade de sous-lieutenant le 16 mai 1792, mais il est licencié à Dunkerque, le 25 septembre 1792 déjà, dans des conditions très difficiles.

Il repartira à pied, traversera la France en pleine révolution et reviendra à Courchapoix.

 

 

François-Ferdinand Rollat raconte la Révolution française. 

Rollat rentre de Dunkerque à Paris. Il s’y arrête avant de revenir à Courchapoix.

Dans ses mémoires, il relate la révolution. A-t-il vu tous les événements qu’il raconte, il en a pour le moins été très proche.

Ce qui est certain : son point de vue est celui d’un homme de l’ancien régime, fidèle au roi et au système aristocratique.

La prise de la Bastille

Le 14 juillet, la canaille parisienne prit d’assaut la Bastille, prison où l’on renfermait les perturbateurs qui cherchaient, soit par paroles, soit par écrit, à renverser le Gouvernement.

Il faut dire, à la honte du chef qui a été inhumainement massacré, qu’il avait laissé cette forteresse sans force, car il n’y avait que 6o hommes. (p.143)

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Prise de la Bastille

Un morceau de Bastille à Delémont, au MJAH

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Pierre de la Bastille, MJAH, Delémont

...ces furies, insatiables de sang humain, en voulaient aussi aux jours de la famille royale. Pour assouvir leur rage, elles se transportèrent à Versailles, le 5 octobre de la dite année, au nombre de 40’000 hommes commandés par l’insigne Lafayette.

L’avant-garde, qui était composée en partie de d’hommes déguisés en femmes, se présenta au château dans l’objet de parler au Roi ; elle fut admise, mais en petit nombre. (p.143)...

...ces anthropophages ...

Le 6, à six heures, les grilles furent forcées, alors commença le carnage. Ils égorgèrent trois gardes du corps, auxquels ils coupèrent la tête, ensuite ils pénétrèrent, enfonçant toute résistance, jusque dans les appartements de la Reine et si Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche, ne s’était sauvée chez le Roi en chemise, ces anthropophages auraient infailliblement trempé leurs mains dans son sang... P.144

En 1790, FF. Rollat apprend la mort de son père, le 3 janvier en laissant un testament avantageux pour moi. Sa mort me fit beaucoup de peine et cela d’autant plus qu’il y avait déjà du temps que je ne l’avais vu ... (p.145)

Assemblée nationale à Paris

l’assemblée des Etats, qui s’était arrogée le titre d’Assemblée nationale suivit la cour à Paris ...

On exigea de notre Corps la prestation du serment de fidélité au Roi et à la Nation ...p.145 )

... l’Assemblée dite nationale ... décréta la vente des biens du clergé contre un papier monnaie, appelé assignat.

Les couvents, au nombre de quatre mille, furent d’une seule parole renversés. Les religieuses obligées de sortir, furent en partie fouettées publiquement dans les rues de Paris...

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Fermeture des couvents

Tous les ecclésiastiques étaient astreints, par serment de se soumettre (à la constitution civile du clergé) s’ils ne voulaient se faire bannir ... (p. 146)

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Prêtre jureur

Le roi cherche à s’enfuir

Le Roi, se voyant avili et méprisé, ne se croyait plus en sûreté, projetait de sortir de son royaume.

Le 21 juin 1791 fut le jour de son évasion ... mais il fut arrêté à Varennes, à quelques lieues de la frontière...

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Le roi reconnu sur un assignat

Il fut reconduit avec la Reine, Madame Elisabeth, sa soeur, avec le Dauphin et sa soeur, à Paris ... où il fut mis en arrestation dans son palais.

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Caricature du retour à Paris

Le frère du roi a pu s’enfuir, en abandonnant ses serviteurs

Monsieur et Madame, qui avaient pris un autre chemin, eurent le bonheur d’atteindre le pays étranger. Leur maison (serviteurs et soldats) ne sachant que devenir ... demeura six mois sans être soldée.

Les officiers avaient disparu et nous avaient abandonné à notre malheureux sort. (p.147)

FF. Rollat est l’un des trois députés désignés pour faire les démarches nécessaires pour nous faire payer notre solde et poursuivre le licenciement de la maison militaire de ce prince.

Rollat est délégué au club des Jacobins, il y fait un discours. je fus celui qui y montai (à la tribune) ... on applaudit beaucoup, il y avait au moins 3000 personnes ... p.148

Il obtient en partie satisfaction. Il cherche ensuite un nouvel engagement militaire, renonce à un régiment français,

je fus de suite dégoûté d’entrer dans un régiment où je ne connaissais personne et où des soldats indisciplinés et imbus des principes de la Révolution méprisaient et chassaient leurs officiers... (p. 149) .

Il adresse une lettre au prince-évêque de Roggenbach pour entrer dans le régiment de Reinach. Il attendra plusieurs mois avant de recevoir son engagement et l’ordre de se rendre à Dunkerque. Il vend ses meubles et arrive en juin à Dunkerque.

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Citadelle de Dunkerque

Aux Tuileries, le massacre de la garde

FF. Rollat n’est pas à Paris, le 10 août. Il raconte tout de même cette journée.

Le roi Louis XVI avait dû quitter Versailles pour les Tuileries, à Paris.

Le Club des Jacobins... cherchait par tous les moyens l’humiliation, le mépris et l’anéantissement du gouvernement monarchique...

Ce Club préparait, le 10 août pour faire périr le Roi avec toute sa famille ...

il avait fait venir...des galériens de Marseille à qui il avait fait rendre la liberté...

Les soldats suisses, des mercenaires, défendent le roi et se font massacrer.

ces infâmes (les révolutionnaires) se permirent des horreurs sur les cadavres des Suisses, entre autres de leur arracher le cœur que leurs femmes mangeaient ... P.151

Un autre récit de la prise des Tuileries

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Tuileries_10 août 1792

En savoir plus sur cette journée du 10 août 1792

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Tuileries_10 août 1792

Rollat est frappé par ce qu’il appelle la lâcheté du roi. Celui-ci interdit à sa garde de tirer.

Si le Roi, qui n’était rien moins que soldat, se fut mis à la tête des Suisses, il aurait fait mordre la poussière à ces bandits, parce qu’un grand nombre de Parisiens et d’autres qui attendaient sa résolution, se seraient jetés dans son parti...il préféra se réfugier avec toute sa famille entre les bras de ses ennemis... (p.151)

La famille royale est retenue prisonnière au temple.

Licenciement de toutes les troupes étrangères, Rollat rentre au pays

Le 25 septembre 1792, la nation française, s’érigea en République une et indivisible... elle licencia toutes les troupes étrangères que le gouvernement monarchique avait entretenu à sa solde.

Je quittai non sans regret la ville de Dunkerque dont l’air trop vif, imprégné des vapeurs de la mer nuisait à ma santé.

Si je n’ai pas eu le scorbut, je ne l’ai dû qu’aux bains de mer que j’ai pris pendant huit jours consécutifs.

Je partis donc quelques jours après le licenciement dans l’intention de m’en retourner au pays, à Delémont ou à Courchapoix.

 

FF. Rollat revient à Courchapoix et raconte la révolution dans le Jura 

Rollat raconte une partie de son voyage, sa peur de se voir traiter d’aristocrate.

Avant de poursuivre son récit, il donne un aperçu de l’histoire de la principauté épiscopale jurassienne, de 1775 à 1792. 

Comment de présente la principauté épiscopale avant la révolution ? au retour de FF. Rollat ?

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Carte de la Principauté, 1792

Une version moderne a été produite par les Archives de l’ancien évêché de Bâle, AAEB

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Principauté avant la révolution_AAEB

Rollat parle du prince-évêque Frédéric de Wangen, du traité d’alliance renouvelé avec la France par l’intermédiaire de son suffragant, M. Gobel.

Il décrit l’agitation révolutionnaire, parle des abbés révolutionnaires Lémane (créateur du jardin botanique de Porrentruy) et Copin, des efforts inutiles pour prévenir la révolution.

Le prince s’adresse aux cantons de Berne, Bâle et Soleure, sans succès. Il fait appel aux troupes impériales, le pays était fief de l’empire allemand (p.154).

Le Prince se voyant entouré d’une force imposante, fit convoquer les Etats dans le courant de l’été. Les discussions furent très animées. L’assemblée se sépara sans avoir rien terminé.

Les Autrichiens exerçaient une police très sévère. Le moindre propos était réprimé et puni à coups de bâton...

Rengguer et ses adhérents, qui à l’arrivée des troupes impériales s’étaient retirés à Delle, n’attendaient que le moment favorable pour rentrer avec éclat dans leur patrie.

Les effets du traité conclu avec la France à l’époque de Pierre Péquignat

Par le traité qui liait la Principauté avec la couronne de France, cette puissance pouvait, en cas de guerre avec l’empire germanique, occuper ses défilés. Le cas était arrivé, les troupes autrichiennes occupaient encore le pays, aussi le moment arriva où le général Custine, commandant de l’armée du Rhin reçut l’ordre de s’emparer du pays.

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Général Custine

La Cour et les troupes impériales quittèrent Porrentruy dans le même temps que les Français commandés par le général Ferrière y entraient.

Le Prince arriva à Bienne pour s’y fixer le 30 avril 1792. (p. 156)

Naissance de la république rauracienne

Le 5 septembre au soir ... le château (de Porrentruy) fut envahi et la garde expulsée. Le 22 septembre, les mêmes députés qui avaient figuré à Boncourt et à Belfond se rassemblèrent au Château et dans le Château, antique résidence des souverains, que parut la proclamation qui déclara rompu les liens qui attachaient les habitants de l’Evêché de Bâle à leur souverain et par leur constitution à l’empire germanique dont le pays était fief ... (p. 158)

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Château de Porrentruy_photo site Ptruy

Cette constitution déclare que les communes ont retrouvé leur indépendance pour ne pas dire leur esclavage et sont constituées en République libre. (République rauracienne)...

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République rauracienne

On voulut s’assurer... de la protection que la Convention nationale venait de promettre par un décret à tous les peuples qui secoueraient le joug de leur gouvernement et voudraient recouvrer leur ancienne indépendance...

Une proclamation du général Biron, commandant en chef de l’armée du Rhin, dans toutes les communes qui faisaient partie de l’Evêché, fut publiée. Elle invitait ces communes à envoyer des députés à Porrentruy dans l’assemblée représentative de la Rauracie ... Le 11 décembre 1792... fut celui de l’ouverture pour l’assemblée.

FF. Rollat, à Courchapoix est dans une région calme

Cependant, tout était calme dans les autres parties de l’Evêché. La Prévôté de Moutier-Grandval, quoique comprise dans l’empire germanique, trouvait dans sa combourgeoisie avec l’Etat de Berne des motifs de sécurité.

Néanmoins sa situation politique était aussi délicate que dangereuse et ne permettait aucune démarche qui ne fût bien calculée.

Elle fut comprise dans la neutralité que la Suisse avait adoptée et elle fit placer des gardes sur les frontières.

Il y avait un piquet à Courrendlin et à Courchapoix. (p.159)

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Piquets à la frontière

De fait, la frontière suisse passe au Pont de Cran, elle correspond aux limites de la Prévôté. Le piquet des gardes fonctionne comme une douane.

 

 

Rollat s’installe à Courchapoix, observe les événements et agit 

FF. Rollat réside à Courchapoix. Les Français sont à la frontière, au Pont de Cran.

La situation politique est tendue.

Spectateur chez moi des événements désastreux que non seulement se passaient en France, mais dans le pays et quoique désoeuvré, je n’étais pas sans inquiétude sur mon sort. (p.159)

Rollat habite une grande maison, au centre du village. Il est peu probable qu’il l’ait construite lui-même, il n’en parle pas. Il l’a plutôt héritée à la mort de son père. A. Daucourt affirme cependant qu’il l’a bâtie lui-même.

Voici un plan du village, peu après les faits que rapporte Rollat. Attention, le Nord est en bas et la route de Corban part à l’époque sur Monnin et sur Vassat.

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Courchapoix en 1819

Une recherche de dates, dans la maison permettrait d’en savoir plus.

L’immeuble vient de recevoir la plaque de la place qui porte le nom de François-Ferdinand Rollat.

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pose des plaques

Cette maison a longtemps été propriété de la famille Paupe.

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Maison Rollat Paupe
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Maison Rollat Paupe

Elle avait également abrité une épicerie.

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Courchapoix_magasin_église

Aujourd’hui, elle appartient à la famille Arzenton qui y tient un magasin et atelier informatique.

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Maison Rollat Arzenton
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Maison Rollat Arzenton

Rollat suit attentivement l’évolution des événements.

En novembre 1792, Rollat se rend auprès du prince-évêque, à Bienne.

Il le remercie de l’avoir nommé sous-lieutenant dans son régiment et lui demande surtout si la Suisse ... conserverait jusqu’au bout sa neutralité.

Le prince-évêque lui répond qu’il n’en avait aucune assurance.

La situation est vraiment précaire.

En janvier 1793, Rollat reçoit une lettre d’un ami qui lui apprend qu’il est nommé dans le régiment de Rolle, destiné au service en Angleterre.

ayant déjà été exposé aux fureurs de la mer, je n’étais plus disposé une seconde fois à m’y exposer, que le plancher des vaches était préférable à celui d’un élément aussi inconstant, en conséquence je le remerciai du service qu’il avait voulu me rendre.

Le roi Louis XVI est exécuté, Rollat est très affecté.

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Louis XVI sur l’échafaud
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Louis XVI guillotiné

La bataille de Courrendlin

Un bataillon, composé d’Avignonais et de Carpentras, relâchés des prisons et des galères de la France était en garnison à Delémont...

Ils se transportèrent en partie à Courrendlin, le 21 mars 1793 où ils se permirent des excès... maltraitant les habitants fidèles au Prince ... portant préjudice à leurs propriété, jetant même les enseignes des aubergistes par terre. (p.160)

Courrendlin appelle les communes voisines à l’aide.

Ma commune (de Courchapoix) me nomma commandant et je trouvai environ 150 hommes qui étaient descendus du Val de Moutier. On m’avait donné le commandement parce qu’il ne s’était pas trouvé aucun officier supérieur à mon grade. Je fis aussitôt placer les postes et les sentinelles ...

Rollat constate que les Avignonais ont décampé. Il entre en contact avec le commandant de Delémont et lui dit sa détermination de résister par la force.

Ce qui me faisait parler de la sorte était le bruit répandu que Berne venait à notre secours. Le commandant de Delémont m’envoya une seconde lettre portant que la Prévôté n’avait à courir aucun danger de la part de la France, qu’en garantie il me donnait sa parole d’honneur, qu’en conséquence nous pouvions nous dissoudre et rentrer dans nos foyers ... (p.161).

Un gouvernement provisoire pour la Prévôté et la partie de l’évêché non occupée par les Français

Le Jura méridional, y compris la Prévôté sous les Roches, soit le haut du Val Terbi et Courrendlin, se trouvaient sans autorité politique et sans code de lois.

en avril 1793, une assemblée du Pays, où il fut résolu qu’on élirait dans les trois grandes Mairies (Moutier, Orval et Prévôté sous les Roches) des députés pour rédiger un code de lois basé en partie sur les us et coutumes ...

Un gouvernement provisoire est constitué et Rollat est élu pour deux ans.

les deux ans révolus je fus derechef réélu, ce qui dura jusqu’à l’invasion des troupes françaises dans la Prévôté...

La république rauracienne disparaît, elle est réunie à la France et devient Département du Mont-Terrible

La république rauracienne fut éphémère. Deux partis se disputaient, l’un voulait l’indépendance, l’autre le rattachement à la France.

Les Français surveillent l’évolution des discussions et quand elles s’enveniment ... un ordre du général Desprécassier leur enjoignit de se disperser ... L’ordre en question portait en même temps une convocation pour une nouvelle assemblée pour le 7 mars 1793 où toutes les communes de la Principauté et même celles de la Prévôté furent invitées...

Mais Montsevelier vit une aventure particulière.

 

FF. Rollat et la République de Montsevelier 

Rollat habite à Courchapoix. Autour de lui, dans la Prévôté, dans toute l’ex-Principauté les institutions politiques sont en bouleversement.

Membre du gouvernement provisoire de la partie de la Principauté non occupée par les Français, Rollat s’efforce de faciliter la vie de ses concitoyens. 

La République rauracienne s’efface devant le Département du Mont Terrible.

Les disputes entre partis opposés dans l’assemblée de la République rauracienne conduisent à sa disparition.

Créée le 11 décembre 1792, elle disparaît le 23 mai 1793 et fait place au département du Mont-Terrible, qui forme le 84e département formé des assemblées primaires et électorales. Trois députés furent nommés membres de la Convention nationale. En mai 1793, l’administration centrale entra en fonction. (p.164)

L’un des députés est l’abbé Lémane

Les deux autres sont Ignace Rougemont et Graizelé, suppléant, qui n’a pas siégé. Voir les débats de la convention nationale.

Le Département du Mont Terrible engendre la République de Montsevelier !

Le village de Montsevelier ne faisait pas partie de la prévôté sous les Roches, mais dépendait directement de la seigneurerie de Delémont

En créant le département du Mont Terrible, Montsevelier se retrouve enclavé dans un territoire considéré comme suisse et hors de portée des Français.

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République de Montsevelier

Tout autour de Montsevelier se trouve la Suisse. Les Français ne peuvent y accéder.

La République de Montsevelier, 1792 à 1797

Montsevelier, enclavée entre la Prévôté et le canton de Soleure, la commune demeura soumise au prince-évêque de Bâle.

Voici ce que note A. Daucourt,

Fidèle à son prince, elle forma sous sa haute autorité une petite République gouvernée par son curé et par son maire. Elle continua à payer les redevances dues au prince, ainsi qu’au Chapitre de St Ursanne. C’est ainsi que pendant cinq ans, bravant la France, elle forma un petit Etat ne relevant que du prince-évêque de Bâle, réfugié à Constance. Celui-ci, en retour, lui faisait parvenir le sel et le grain dont elle avait besoin(p.163).

En quoi cela concerne-t-il FF. Rollat ?

Le 3 mai 1793, la veille d’un dimanche, on me donna avis que des militaires français de Delémont, chargés de proclamations emprunteraient armés le territoire de la Prévôté pour se rendre dans cette commune afin de la contraindre à embrasser la liberté.

Pour ne pas atteindre publiquement à la Neutralité de la Suisse, ils prirent un chemin détourné et voulant suivre le pied de la montagne de Courchapoix, deux furent arrêtés par le piquet que j’avais fait posté à cet endroit.

Ces deux Français furent conduits armés au village, où étant arrivés, je les pris sous ma sauvegarde.

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Courchapoix_Les Morcelats

C’est à cet endroit, ou dans son voisinage immédiat, que les soldats français ont été arrêtés.

Pour Rollat, l’affaire est grave. Il connaît ce qui est arrivé à Vermes, après la victoire des Viermets sur les Français dans les gorges du Tiergart. Les Français sont revenus par Rebeuvelier, ont pillé, incendié et violé.

Rollat continue son récit :

Aussitôt, le bruit se répandit à Corban et à Mervelier, autres villages de la Prévôté, que les Français s’étaient permis de violer la Neutralité en passant armés sur le ban de Courchapoix, qu’il fallait s’y transporter pour repousser la force par la force.

En conséquence, les gens de Corban et de Mervelier s’armèrent, les hommes avec des fusils, les femmes avec des faulx et des tridents, et arrivèrent incontinent au dit lieu.

Sans confusion le sexe se séparant des hommes se plaça sur deux files vis-à-vis du presbytère et attendit le moment où ces deux Français sortiraient de chez moi pour les massacrer.

Pendant ce temps, j’interrogeai ces deux militaires et je dressai le procès-verbal qui fut de suite envoyé à Leurs Excellences de Berne.

Dans le moment où j’étais prêt à les faire sortir l’on vint m’avertir du dessein que les femmes avaient formé contre eux, qu’elles avaient juré aussitôt qu’ils paraîtraient de les exterminer.

Je fis différer leur départ et je me rendis à l’endroit de leur rassemblement pour haranguer ces furies. Je leur représentai avec douceur qu’instruit du crime qu’elles avaient dessein de commettre sur ces républicains, qui étaient en quelque sorte innocents de la violation du territoire de la Prévôté, qu’ils avaient été contraints par leurs chefs auxquels ils étaient tenus d’obéir, d’avoir fait cette démarche imprudente, que s’il leur arrivait la moindre des choses elles compromettraient non seulement la Prévôté, mais la Suisse entière, qu’en conséquence elles devaient les laisser partir librement et sans insulte.

Mais animées d’un esprit de vengeance, elles jurèrent qu’ils seraient leurs victimes.

Sur quoi je leur répondis avec humeur qu’au nom du Gouvernement provisoire de la Prévôté, dont j’étais un des membres, je les rendais personnellement responsables de tous les malheurs qu’un événement pareil pouvait attirer sur le pays et pour leur donner d’autant plus de satisfaction, je leur dis qu’elles auraient le plaisir de m’assassiner avec les deux militaires que j’accompagnerais en passant dans leurs files.

Ce que je fis effectivement, mais néanmoins, elles n’osèrent attenter à mes jours ni à ceux des soldats qui tremblaient comme des feuilles.

Ensuite je les fis conduire à un quart de lieue du village sans avoir eu de nouvelles ni d’eux, ni du procès-verbal que j’avais adressé à M. Grosjean, bandelier, pour l’envoyer à Berne. (p.165)

Par sa conduite courageuse et avisée, Rollat évite à son village atrocités et incendies.

Il avait déjà fait preuve de sagesse à Courrendlin. Il continuera en d’autres circonstances.

La détermination des femmes, Rollat les nomme le sexe et compréhensible. Dans toutes les guerres, elles subissent une grande part des violences et les soldats français avaient une terrible renommée.

De plus, l’expédition punitive sur Vermes devait être toute récente.

 

FF. Rollat et le Département du Mt Terrible 

Sous l’administration française, dans le cadre du Département du Mont Terrible, Rollat aura encore l’occasion de se distinguer.

Il refuse de prendre le commandement des jeunes qui échappent à la conscription.

Il raconte les victimes de la guillotine.

Les jeunes refusent de servir la France

Une loi fut publiée pour la réquisition de l’armée des garçons depuis l’âge de 21 à 25 ans. Alors commença l’émigration de ceux-ci, les uns d’un côté, les autres de l’autre. C’est ce qui donna lieu au rassemblement sur le Mont, dont on me proposa le commandement, que je refusai sous prétexte qu’en l’acceptant je risquais de compromettre la Prévôté.

D’ailleurs, j’avais appris à Courrendiin combien il était désagréable de commander un corps indiscipliné. A mon refus succéda un nommé Schudi, de Schwytz, qui, 5 jours après fut obligé, avec son corps, de battre en retraite sur la Montagne de Moutier, poursuivi par un corps de troupes françaises. p.167

La guillotine dans la vallée

On érigea à Delémont un tribunal révolutionnaire, composé moitié de français et l’autre de ceux du pays. Ce tribunal était autorisé par la loi de faire promener dans tous les villages de la Principauté, l’instrument de mort vulgairement appelé la Guillotine, et trois individus, deux de Courtételle et un de Courfaivre ont été mis à mort à Delémont. Les deux premiers pour distribution de faux assignats et le dernier pour avoir crié : « Vive le Roi » p.167

Daucourt en transcrivant Rollat note :

La guillotine ne demeura pas en repos dans le Mont-Terrible, nous avons pu retrouver les noms de neuf victimes de cette infernale machine, dont cinq furent exécutés à Delémont.

Le 16 novembre 1793 fut guillotiné, sur la place de l’hôtel-de-ville, Georges Roll, de Courfaivre, pour avoir crié : « Vive le Roi ! au diable la Nation ». C’était un brave homme qui avait commandé le soulèvement des jeunes gens sur le Mont.

Le 25 février 1794, fut guillotiné Bourquin, le fils, de Courtételle, pour avoir dit « qu’il aimerait mieux servir l’Empire que cette race de chiens de Français ». Son père, François Bourquin, fut guillotiné le 2 mars suivant à Delémont, comme aristocrate. Le Conseil révolutionnaire, siégeant dans l’église de Courtételle, l’a condamné à mourir dans les 24 heures. Toute sa commune suivit son cadavre au cimetière de Delémont, comme protestation. Ses fils avaient pu se sauver en Suisse.

En 1796, deux braves chrétiens, Pierre et Philippe Léo, pour avoir caché dans leur maison à Delémont quelques religieuses des Fontenelles, furent guillotinés devant l’hôtel-de-ville. Les religieuses, avec la mère Garessu, des Bois, furent condamnées à la même peine et ne durent leur salut, qu’à un délai de l’exécution. Le chef, touché de leur sainteté, les fit évader en Allemagne. p.168

Les fausses dénonciations font des victimes. Voici une pierre tombale, au MJAH, qui porte l’inscription :

Sacrifié à la révolution par fausse dénonciation ...

guillotiné

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Pierre tombale, MJAH, Delémont

L’argent sous forme d’assignats ne vaut plus rien

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Assignats au MJAH, Delémont

A ces misères, pour comble de malheur, était jointe la plus grande cherté que de mémoire d’homme on ait vu dans l’Evêché. Le boisseau de froment se vendait trois gros écus, celui d’avoine, un petit écu, encore ne pouvait-on pas avoir autant qu’on en aurait voulu. Une paire de boeufs maigres se vendait passé quarante Louis d’or et l’autre bétail en proportion, Les titres de Monsieur, de Madame étaient proscrits. On était obligé, sous peine de dénonciation, de traiter tout le monde de citoyen, de citoyenne. Le gouvernement s’empara des biens, des effets du Prince et des émigrés. Le château de Delémont fut vendu à l’enchère publique, en assignats, qui valaient en numéraires 18,000 francs.

Les forges d’Undervelier furent vendues en assignats pour 100 louis d’or et le pré de Voète pour le revenu annuel d’un an se montant à 100 louis. Les autres biens furent aussi vendus en conséquence. Ce qui les avait dépréciés, c’est que Son Altesse n’avait pas voulu consentir ni accorder la permission à ceux qui auraient désiré les acheter, dans l’espoir que retournant au pays, le Prince saurait déjà les revendiquer en faisant punir ceux qui auraient eu la témérité de les acheter. Il en était autrement ordonné, ces biens sont demeurés entre les mains des audacieux et les craintifs se sont repentis d’être restés dans l’inaction. Audaces fortuna juvat, timides que repellit. p.169

Daucourt note :

Les forges d’Undervelier avaient été établies, en 1598, par le prince-évêque Christophe de Blarer de Wartensee. Les premiers feux furent allumés en 1599. C’est ce prince qui rédigea lui-même les ordonnances et règlements sur l’exploitation des minières, des fonderies et des forges En 1793 ces forges furent vendues comme bien de la nation, à Paul Georges et à Cugnotet. Ce dernier devint seul propriétaire. puis ce fut son gendre. M. Finot. En 1879. la Société des forges de Choindez acheta les forges d’Undervelier, qui furent démolies en 1880, après 271 ans d’existence.

Dans plusieurs paroisses de la Vallée, comme à Mervelier, Corban, Courtételle, Pleigne Movelier, etc , de braves gens achetèrent à vil prix les biens de la dot de la cure et les restituèrent plus tard, contre remboursement de ce qu’ils avaient dépensé.

Rollat administre et note les événements

Une conférence réunit à Balsthal les députés du Prince-Evêque et ceux du Gouvernement provisoire. On s’entend pour abandonner à Son Altesse les revenus des forges de Courrendlin, mais pas le reliquat d’argent provenant des revenus de la Prévôté qui n’avait pas été employé par le gouvernement. (p.165)

Rollat va voir également l’arrivée des Français dans la Prévôté, en 1797, puis l’annexion du Département du Mont Terrible au Département du Haut-Rhin.

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Dpt du Mt Terrible 1797-1800

La carte et les informations des AAEB

En 1800, le Département du Mont-Terrible est supprimé et annexé au Département du Haut-Rhin, où ses territoires forment les arrondissements de Delémont et de Porrentruy.

Rollat va encore agir ...

 

FF. Rollat ruse avec les Français : la servante de cure en procès

Rollat était le recours des habitants du Val Terbi, en cas de litige. Il constituait un interlocuteur privilégié pour les autorités, à la botte des Français.

Il était également juge et officier judiciaire.

Prêtres jureurs et Curés réfractaires

L’Eglise, avant la Révolution française, était un appui très fort pour le pouvoir royal. Le Roi se prétendait roi par volonté divine et la hiérarchie ecclésiastique le considérait comme tel.

Cette complicité entraîna une hostilité très forte des révolutionnaires contre les Eglises traditionnelles, en particulier contre le haut clergé.

Rollat raconte :

au printemps 1795, l’administration centrale du département fit publier la Constitution civile du clergé avec injonction à tous les curés et ecclésiastiques d’être fidèles, obéissants à la nation française qui était en délire, faute de quoi ils seraient transportés hors de la république pour toujours, à tout jamais.

Il était de notoriété que cette Constitution faite par des laïcs avait été anathémisée par le chef de l’Eglise comme contraire aux lois et disciplines de l’Eglise. C’est pourquoi lle St-Père déclara, par un bref, schismatiques tous ceux qui y adhéreraient.

En conséquence, la très grande partie des prêtres du pays prirent la fuite et l’autre, au nombre d’une douzaine, prêtèrent le serment que l’on exigeait d’eux.

Parmi ces derniers, il y en eut qui, pour mieux se vautrer dans la fange, renoncèrent à leur état et épousèrent des malheureuses.

On voulait bien les installer comme curés constitutionnels ou intrus, dans différentes paroisses, mais le peuple,.... préféra demeurer sans messes, sans offices plutôt que de participer aux crimes de ces jureurs ...

On se retrouve dans une ambiance de révolte religieuse, qui sent déjà ce qui se passera, bien plus tard, à la fin du XIXe siècle lors du Kulturkampf.

Pour l’instant, les gens refusent simplement de reconnaître les prêtres jureurs.

Alors advint une loi qui proscrivit les croix tous les signes de notre sainte religion, défense de sonner (les cloches) pour quelques actes du culte catholique.

On donna l’ordre de livrer aux membres de la Convention l’argenterie et les vases sacrés es églises. Ces objets ont été profanés par des anciens bourgeois de la ville de Delémont qui s’en servirent publiquement pour boire.

Les cloches devenant inutiles, les Français les firent enlever, à l’exception d’une par paroisse et les firent conduire à Besançon où ils se proposaient de les convertir en canon, mais la matière n’étant pas propice... on fut obligé d’abandonner ce projet.

Delémont put conserver cinq cloches, parce que quatre appartenaient au Chapitre de Moutier-Grandval.

Un prêtre réfractaire, réfugié à Corban est dénoncé ...

Le pauvre abbé (Koetchet), un ancien bourgeois de Delémont, ne sachant ni où aller ni que devenir, ... prit le parti de se réfugier à Corban.

Il avait auparavant été curé à Vermes, c’est lui qui assistait à l’expédition punitive des Français et au viol collectif d’une habitante.

Il s’était fait des ennemis parmi les sans-culottes... un entre autre était venu plusieurs fois chez moi pour le dénoncer comme l’ayant vu à travers les vitres d’une maison à Corban.

Je lui demandai sa dénonciation par écrit et signée de lui. Ce qu’il refusa toujours, craignant les suites ... Il aurait voulu que j’agisse d’office, mais la répugnance que j’ai toujours eu de punir l’innocence, ... me défendait de le faire.

Il (le dénonciateur) alla un jour à Moutier trouver le commissaire du pouvoir exécutif auquel il le (l’abbé Koetchet) dénonça comme prêtre émigré...

Octobre 1800, les gendarmes veulent arrêter l’abbé

Le commissaire envoya de nuit des gendarmes à Corban pour le saisir. Ayant entouré la maison dans laquelle ce pauvre abbé était caché, jusqu’au lever du soleil, car la loi défendait de violer pendant la nuit, l’asile des citoyens.

Ils trouvèrent tous les objets relatifs à dire la Sainte-Messe, mais ne rencontrèrent pas le prêtre. Celui-ci avait eu le temps de se cacher dans la grange en s’enfonçant dans un tas de boège (fourrage à base d’avoine) que les gendarmes ne fouillèrent qu’en enfonçant leurs sabres. Ces armes n’étaient heureusement pas assez longues ...

Ils saisirent ses ornements, dressèrent procès-verbal, les mirent dans un sac et les déposèrent chez moi ...

Comment éviter des représailles à ceux qui hébergeaient l’abbé et à la population de Corban ?

La loi ...portait deux ans de réclusion pour les premiers (les hôtes) et une amende onéreuse pour la commune .

Rollat réfléchit : je rêvai pour me tirer d’embarras ...

Il commença par je me transportai chez le citoyen, agent de la commune de Corban, auquel je fis la leçon, en lui dépeignant ce à quoi la commune était exposée d’avoir toléré un émigré dans son sein. Celui-ci ne manqua pas d’en faire le navré à tous les chefs de famille, à l’exception de celui qui était dénoncé pour en être le dénonciateur.

Je les fis tous venir les uns après les autres pour me déclarer ce qu’ils savaient relativement à M. l’abbé Koetchet, et après leurs dépositions, je les fis rester dans ma chambre, afin d’autant mieux intimider ceux ou celui qui auraient dessein de dire qui avait vu M. l’abbé après l’entrée des troupes dans la commune, dans la maison où les gendarmes avaient saisi les ornements ...

Le dénonciateur présumé parut à son tour et déposa effrontément qu’il n’y avait pas plus d’un mois qu’il avait vu au travers des vitres d’une telle maison, M. l’abbé Koetchet.

Lui ayant posé la question pour quelle cause il le dénonçait, il me répondit tout uniment qu’il lui en avait fait assez. Cette réponse ... fut un des moyens dont je me servis ...

Comment Rollat va-t-il traiter la servante de l’abbé Koetchet ?

Trois jours après, je décernai un mandat d’amener contre Catherine Bron, prévenue de l’avoir recélé.

Cette fille, toute tremblante, parut devant moi et lorsqu’elle fut seule, je la rassurai du mieux que je puis. Après avoir parlé des moyens de défense qu’elle avait, je me mis à écrire les demandes et les réponses ...

Rollat s’arrange pour que l’interrogatoire innocente Catherine Bron.

Il interroge Catherine Bron et lui fait dire que

- l’abbé Koetschet a passé chez elle, mais avant que les Français envahissent la Prévôté

- elle l’a connu à Delémont chez l’abbé Fleury

- les objets et ornements sacerdotaux saisis chez elle étaient des biens appartenant à l’abbé Guillaume Fleury de Delémont. Il les avait envoyés en 1792 à Corban pour les mettre en sûreté. Il voulait se retirer à Corban, mais il est mort et ses biens sont restés chez C. Bron.

Rollat continue ainsi de démonter le procès-verbal des gendarmes et conclut que Catherine Bron est innocente et que le dénonciateur a agi par haine et il termine

Nous N.N. juge de paix et officier de police judiciaire du canton de Moutier, prononçons la mise en liberté de Catherine Bron et ordonnons que les effets et ornements servant au culte catholique, inventoriés par les gendarmes, seront restitués à leur propriétaire après que le Directoire du Jury de l’arrondissement de Courtelary ... aura décidé que la prévenue ne doit pas être recherchée ultérieurement pour les faits dont elle est inculpée.

Rollat, ironiquement dit encore dans ses mémoires :

Le directeur du Jury de Courtelary a bien cherché tous les moyens possibles pour casser cette procédure, mais il n’a pu y réussir.

Et Corban échappe aux sanctions ...

Ce jugement faisait évidemment l’affaire de Catherine Bron qui évitait la prison et en coulisse, de l’abbé Koetschet, mais surtout, il évitait à la commune de Corban des représailles et des amendes considérables.

 

 

François-Ferdinand Rollat construit le premier Pont de Cran 

Quand les Français occupèrent la Prévôté, FF. Rollat fut nommé agent de sa commune. A ce titre, il était chargé d’exécuter les ordres qui concernaient le haut du Val Terbi.

En cas d’invasion, Rollat sait que Berne ne réagira pas.

FF. Rollat avait pris la température politique, à Berne. Il s’inquiétait de connaître quel appui Berne fournirait à ses combourgeois du Jura Sud. Ayant appris que Berne ne ferait rien, il n’a pas été étonné de voir les Français occuper la Prévôté, l’Erguël, la Neuveville et Bienne sans coup férir.

Le Directoire a fait envahir ces régions le 15 décembre 1797. Rollat indique que Bonaparte, à 28 ans, vient d’imposer le traité de Campoformio et qu’il va bientôt partir pour la Campagne d’Egypte.

Le Directoire profite de ce moment de puissance pour étendre ses possessions en reprenant les droits des princes des territoires occupés. Dans le Jura, il revendique l’ensemble de la principauté et occupe donc le Jura Sud, partie combourgeoise de Berne, soit

- la Prévôté, donc également la Prévôté sous le Roches 
- l’Erguël, 
- la Neuveville 
- Bienne

Les Prévôtois comptent sur Berne pour secouer le joug onéreux des Français ...

Rollat leur fit perdre tout espoir , il leur raconte une conversation secrète tenue à Berne avec un conseiller d’état.

Rollat avait demandé

si dans le cas où la Prévôté serait envahie, on pouvait compter sur les forces de LL Ex (leurs Excellences de Berne).

Il me répondit tout bonnement que loin de compter sur icelles, leur gouvernement, attendu la quantité de patriotes qui étaient dans le canton, n’aurait seulement pu, au cas particulier, repousser l’ennemi, que nous devions agir prudemment avec nos voisins et les ménager au point de ne leur donner aucune occasion de mécontentement.p. 170

Rollat est stupéfait :

Ce discours fut un coup de foudre pour moi, j’en fis un secret pour moi seul ...

Meunier et agent communal des Français.

En janvier 1798, Rollat devient meunier. Le moulin de Courchapoix se trouvait deux maisons au-dessus de l’immeuble construit par Rollat. C’était le domicile de Xavier Dominé.

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Moulin et canal

Repérage du canal d’amenée d’eau, du moulin et de la maison de FF. Rollat.

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Plan de situation

Je devins meunier. La force armée me nomma provisoirement agent de ma commune avec injonction de me rendre à Moutier pour y prêter serment, auquel j’aurais bien désiré me soustraire, mais je craignais de me compromettre et de passer vulgairement pour aristocrate que j’étais. Enfin, j’obéis ...

Rollat reçoit l’ordre de construire un pont.

Quelques temps après, (début 1797), je reçus l’ordre de faire construire un pont à la Cran, sous prétexte que nonobstant la quantité de troupes qui encombraient les villages de Courchapoix, Corban et Mervelier, où les plus forts ménages en logeaient 20 hommes, il en viendrait encore avec du canon, ce qui n’arriva pas.

De là je conjecturai que la France voulait s’emparer de la Suisse dans trois fois vingt-quatre heures.

On put passer avec voiture sur le pont dont j’ai parlé.

Je fis inviter toutes les communes environnantes, qui s’y prêtèrent de bonne grâce. p.172

Il n’y avait donc pas encore de Pont de Cran ?

En effet, il fallait traverser la Scheulte à gué, dans un espace marécageux.

Par grandes eaux, on ne pouvait pas passer et il fallait prendre le vieux chemin, le Vevie qui par le Petit-Bâle, traversait la Chèvre (le ruisseau de Montsevelier) par un ancien pont voûté, montait dans le pâturage et filait vers Tevie, où on pouvait redescendre dans la vallée par un chemin très raide, ou continuer à flanc de coteau pour arriver à Recolaine par le Boutchu. Peu après la ferme de Tevie, se trouvait le cimetière des Suédois qui datait de la Guerre de Trente Ans (1640).

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Chemins de Courchapoix 1826

Voici le plan des chemins de Courchapoix levé en 1828.

On distingue l’ancien chemin, qui part du pont sur la Chèvre juste au-dessus de l’écusson bernois.

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Tracé du Vevie - vieux chemin

Voici le trajet du chemin, on le distingue encore par endroits dans la petite forêt au-dessus du Grand chêne. La boucle à droite correspond au tracé actuel.

C’est le trajet du sentier AJTP Vicques-Courchapoix.

Le passage à gué de la Scheulte n’était pas toujours facile. Courchapoix avait invoqué cette raison pour se séparer de la paroisse de Vicques, c’est une autre histoire.

Rollat construit donc le Pont de Cran. C’est un pont de bois, construit rapidement, selon les techniques des sapeurs militaires, probablement, puisque Rollat, ancien officier, les connaissait.

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Pont de Cran, 1852

En 1852, il a été remplacé par un pont voûté en pierres. Il existe encore à l’ouest du nouveau pont en béton.

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Pont de Cran

Ses murets ont été remis en place, on voit encore les traces de descellements. Ils avaient été renversés dans la rivière par une action du Bélier pour montrer la grogne des Jurassiens par rapport à l’inaction de Berne dans l’amélioration des routes. 

  

FF. Rollat est élu juge 

Rollat parle de la vie quotidienne sous le régime français. Il raconte également ce qui se passe en Europe et plus particulièrement l’accession de Bonaparte au pouvoir, après la campagne d’Egypte.

Il revient ensuite à la suite de sa vie et à son installation à Delémont.

Dès 1797 Rollat vit de plus en plus à Delémont

à 34 ans, en 1796, il se marie avec Barbe-Généreuse Helg

Quelle mouche a donc piqué celui qui a doté sa fille d’un tel prénom ?

En âge de pouvoir m’établir et fatigué de la vie de garçon, j’étais inquiet, voyant que la révolution ne prenait point fin, sur le sort qui m’attendait, je me mis en idée de faire choix d’un établissement. On m’avait proposé de bons partis, mais c’était toujours pour me fixer dans la campagne, où je ne me plaisais qu’autant que les circonstances l’exigeaient. Je désirais pouvoir un jour habiter la jolie petite ville de Delémont et pour réussir dans mon projet, je jetai les yeux sur une compagne qui a su, par sa douceur et ses bonnes qualités, faire les charmes de ma vie. Ce fut le 24 octobre 1796, que nous reçûmes la bénédiction nuptiale dans notre cabinet. Nous nous mariâmes 8 ou 10 jours après civilement à l’hôtel de ville de Delémont, par devant la municipalité de la manière voulue par la loi.p.170

En s’alliant avec une des familles Helg, Rollat entre dans le cercle des bourgeois de Delémont.

En 1790, il y a 37 personnes qui portent ce nom à Delémont. Elles descendent Louis Helg venant de Klus, près de Balsthal.

Que disent les registres de Delémont ?

notes communiquées par François Rais, Delémont.

Marie Barbe Généreuse Helg née le 27.2.1758 à Delémont.

Elle est la fille légitime de Nicolas Joseph Helg, notaire, âgé de 38 ans et de Marie Elisabeth Barbe Sahner, âgée de 38 ans.

Ses frères et soeurs vivants sont : Jacques Joseph (né en 1748), Marie Elisabeth (née en 1750), Marie Catherine Thérèse (née en 1751), François Ignace Joseph (né en 1753), Pierre Joseph (né en 1754).

Notes sur le

Registre des baptêmes de Delémont 1758

Helg Marie Barbe Geneviève

Parents : Nicolas honorable, du conseil et Shaner Elisabeth honnête

Parrain et marraine : Helg Joseph honnête, des six notables. Shaner Fleury Marie Barbe honnête veuve.

Sa mère Marie meurt le 4 juin 1769, Marie est âgée de 11 ans.

Son père Nicolas meurt le 7 septembre 1791, Marie est âgée de 33 ans.

Elle épouse François Ferdinand Rollat, le fils légitime de Pierre Rollat et de Marie Anne Briselance.

Il n’y a pas d’enfants connus pour ce couple.

X le 3.11.1796 à Delémont.

Registre des mariages de Delémont 1796

- Rollat François Ferdinand 13 brumaire an V, 34 ans né le 22 mars 1762 à Courchapoix, membre de l’administration provisoire de la prévôté de Moutier-Grandval terre comprise dans la neutralité suisse

Fils de : Pierre Briselance Marie Anne décédé notaire et greffier, domiciliée à Courchapoix native de Courrendlin

- Helg Marie Barbe Généreuse 38 ans née le 27 février 1758 et domiciliée à Delémont

Fille de : Nicolas et de Sanner Elisabeth, décédés, ancien maître-bourgeois

Témoins :

Briselance Jean Jacques rentier 64 ans beau frère de l’épouse

Ignace Tavanne peintre 70 ans oncle de l’épouse

Helg François Ignace 39 ans président du tribunal correctionnel et directeur du jury de l’arrondissement cousin de l’épouse

François Schaffter marchand épicier 28 ans cousin de l’épouse.

A cette époque, en 1790, Delémont compte 1066 habitants. Vicques, en 1780 abrite 386 habitants (Daucourt, dict.historique, t.8 p. 193).

 

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Delémont vers 1800, J.K. Winterlin
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Delémont 1840, J.F. Wagner

La grandeur relative des villages par rapport à Delémont est très différente d’aujourd’hui.

Voici un extrait de la carte Buchwalder. Les données ont été recueillies entre 1815 et 1819, la carte a été publiée en 1822.

Un exemplaire se trouve au MJAH, Musée jurassien de Delémont.

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Carte Buchwalder 1822, extrait

en 1801 je me suis fixé à Delémont avec ma mère qui est décédée le 8 mai 1804. C’est en 1803 que je fus nommé membre du Conseil municipal de cette ville, en 1806 adjoint au maire de Delémont.p.187

En 1818, il est nommé juge au tribunal

 

 

Rollat raconte Napoléon 

A la fois scandalisé par l’homme porté au pouvoir dans le sillage de la révolution, et en même temps admiratif devant le chef de guerre, Rollat raconte l’accession au pouvoir de Bonaparte après la campagne d’Egypte et montre Napoléon se perdant dans les plaines russes.

Des pyramides à la Bérésina, tout y est, à travers le regard d’un aristocrate jurassien, officier de l’ancien régime. 

pp. 185-192

La Nation française qui avait tout détruit cherchait des moyens de réédifier à sa façon, mais les passions déchaînées de ses habitants ne lui donnaient pas le temps de connaître sa situation la plus déplorable où un Etat puisse se trouver.

Le numéraire avait disparu, les armées étaient battues de tous les côtés et le sang était prêt de recommencer de nouveau à couler. Enfin le désordre était à son comble. Le Directoire se déchirait dans son sein et avait envoyé deux de ses membres dans les îles, ainsi que plusieurs personnages royalistes.

La guerre intestine était toujours dans la Vendée, lorsqu’un membre de la Chambre des Anciens prit sur lui de faire savoir au général Bonaparte qui avait conquis une bonne partie de l’Egypte, la situation critique où était la République, qu’il n’y avait que lui seul qui fut à même de rétablir l’ordre dans la France, qu’il devait faire en sorte pour s’y rendre Je plus tôt possible. Ces tristes nouvelles lui firent prendre la résolution de revenir en Europe.

Daucourt note : on sait que le célèbre trésor de Berne, provenant des richesses de la cathédrale de Lausanne, que les Bernois avaient volées à la Réforme, servit pour couvrir les frais de la campagne d’Egypte Après la prise de Berne par le général Brun, le trésor fut expédié par ce chef à Paris, dans des sacs et des tonneaux remplis d’écus et de doubles ducats d’or.

Bonaparte rentre en France, avec l’accord des Anglais

Bonaparte en fit part à quelqu’un de ses affidés, nomma à son armée un général en chef et s’aboucha pour son transport, aux Anglais, qui étaient toujours stationnés dans ces parages.

Ceux-ci lui donnèrent parole qu’ils le débarqueraient en France sain et sauf, avec condition de rétablir sur le trône la dynastie des Bourbons, s’engagea à le faire, quitte à ne point le tenir, fut la promesse qu’il leur donna.

Effectivement, il débarqua à Fréjus avec ceux des siens qu’il avait choisis pour raccompagner. Tout en dirigeant ses pas vers la capitale, la nouvelle de son arrivée se répandit partout. Il alla droit au Directoire, auquel il fit des reproches les plus amères sur sa manière de gouverner. S’étant ensuite emparé de la force publique, il ordonna que les deux chambres se transporteraient à St-Cloux.

Bonaparte, premier consul, rouvre les églises et bat les Autrichiens.

Leur présence à Paris était un danger, puisqu’un de leurs membres lui porta un coup de poignard paré par un grenadier. Il les cassa, ainsi que le Directoire et se saisit des rênes du gouvernement, sous le nom de premier consul. Un de ses premiers soin fut de faire ouvrir les temples pour y célébrer le service divin. Il battit les Autrichiens en Italie, où il gagna la bataille de Marengo et par la paix qu’il fit avec eux, il fut maître de ce pays.

Napoléon empereur

Rempli d’ambition, il méditait dans ses moments de loisir de faire de la République un Empire. Pour y réussir, il prépara les voies en sondant le terrain. Lorsqu’il se vit assuré, il fit demander à toutes les communes leurs vœux pour se faire reconnaître Empereur.

Il fut en effet proclamé en cette qualité dans les premiers jours de mai 1804.

L’empereur voulant, disait-il, mettre un terme aux maux qui pesaient sur son empire, fit traiter de la paix à Amiens, mais cette paix ne fut pas de longue durée. La guerre se ralluma de tous côtés.

Napoléon annexe les états pontificaux

Rome fut envahie par les Français, le Saint-Père Pie VII traîné prisonnier au château de Fontainebleau et ses Etats réunis à la France.

Voulant le forcer par ses mauvais traitements de les abdiquer volontairement, il le laissa dénué de tout et cela sans doute pour la récompense d’un pénible voyage que ce brave vieillard avait fait quelques années auparavant pour venir le sacrer à Paris. Mais, homme de caractère, il aurait préféré mille morts plutôt que de commettre une lâcheté.

Daucourt précise : Le 17 mai 1809, Napoléon Ier, qui s’était emparé de Vienne le 13 du même mois, rendit un décret qui réunissait tous les Etats du pape à l’empire français. Rome était alors occupée par les troupes françaises, sous les ordres du général Miollis.

Napoléon vainqueur, divorce et se remarie

Les puissances paraissant aveuglées, furent toutes battues l’une après l’autre et furent rançonnées d’une manière épouvantable.

Leurs royaumes furent envahis, d’où elles furent contraintes à faire des paix honteuses et l’Autriche de lui donner une archiduchesse en mariage, nonobstant qu’il eut, déjà une femme, avec laquelle il divorça.

Daucourt remarque : Napoléon 1er avait épousé Joséphine de la Pagerie, veuve de Beauharnais. Il fit déclarer la nullité de ce mariage et le 1er avril 1810, au palais de St-Cloud, à 2 heures, il épousa civilement l’archiduchesse Marie-Louise de Lorraine-Autriche, fille de l’empereur François. Elle lui donna un fils le 20 mars 1811 qui reçut le titre pompeux de « roi de Rome ».

Un an après son second mariage, l’archiduchesse accoucha d’un fils auquel il donna le titre de Roi de Rome.

De sous-lieutenant en 1795, il se voyait le plus puissant potentat de l’Europe.

Le blocus continental pour gêner l’Angleterre

Il inventa le système continental. Par là, il prohibait le commerce général avec la Grande-Bretagne, mais il accordait des licences à des particuliers moyennant de fortes sommes.

Ceux-ci vendaient ensuite les denrées coloniales à des prix exhorbitants (sic) . On payait la livre de sucre six francs et celle du café autant, ainsi du reste à proportion.

L’Angleterre seule avait la souveraineté des mers qu’elle conserve encore aujourd’hui. N’ayant plus de bâtiment, Bonaparte ne pouvait la combattre.

Il espérait par ce moyen que son commerce s’anéantirait petit à petit, jusqu’au moment où l’anarchie prendrait le dessus. Alors les partisans auraient sans doute détruit l’ancien gouvernement pour lui en substituer un de sa façon.

La campagne de Russie

La Russie, faisant semblant d’y adhérer, n’aurait plus eu de débouchés pour ses pelletries (sic), c’est pourquoi elle continua à négocier avec l’Angleterre.

Ce fut le motif dont Napoléon se servit pour mettre le comble à son ambition démesurée qui tendit à un gouvernement universel, pour lui déclarer la guerre.

Il rassembla une armée formidable, composée de Français, d’Italiens, de Prussiens, d’Allemands et d’Autrichiens, qu’il commandait en personne. Du coup en 1812, il envahit la Pologne, une partie de la Russie qui environne la route de Moscou.

A fur et à mesure que cette armée pénétrait dans ce pays, les Russes, en livrant et perdant bataille, reculaient toujours, mais ils avaient la bonne précaution de détruire leurs magasins, comme de brûler sur la route de Moscou, à dix lieues de large, les bourgs, les villages et toute matière combustible afin de faire périr leurs ennemis. Cela n’empêcha pas les Français de pénétrer jusqu’à 40 lieues au-delà de la ville capitale, dans le courant d’octobre de la dite année.

Mais partout ils ne rencontrèrent que des monceaux de cendres. Le gouvernement avait reçu l’ordre de brûler cette ville afin qu’ils ne puissent ni séjourner, ni y trouver de quoi subsister.

Vaincu par la tactique de la terre brûlée, Napoléon ordonne la retraite de Russie

La rigueur d’un hiver long, pénible et dur qui se fait tous les ans sentir dans cette contrée, ne leur permit pas de loger longtemps à la belle étoile. Napoléon ayant fait sauter le Krémelin (sic), fit faire à son armée un demi-tour à droite pour la faire rétrograder sur ses pas.

Alors la misère à laquelle se joignirent le manque de vivres et une grande froidure étala ses hommes avec abondance. 200’045 hommes et 150’000 chevaux ont été les victimes, seulement depuis Moscou à Vilna.

Daucourt ajoute :

Le 61e de ligne était presque entièrement composé de soldats de l’Evêché, surtout de la Vallée. Il avait péri presque entièrement dans la fameuse redoute de la Moscova. Tous les regards, à Delémont et dans le pays se tournaientvers la Russie. Le nombre de ces malheureux jeunes gens de la Grande Armée qui conservaient l’espoir de revoir leurs parents étaient comme de 1 à 100. Les autorités de la ville s’efforcèrent d’arrêter les colporteurs de mauvaises nouvelles, mais ce fut en vain. Des quantités de paysans accouraient à l’hôtel de ville pour savoir si leur fils en avait réchappé. La désolation était épouvantable à Delémont et dans le pays. On maudissait Napoléon et on réclamait le prince et l’empereur publiquement au nez des autorités françaises. A la moindre victoire des ennemis des Français, on allumait des feux de joie sur les hauteurs.

A Courchapoix, une tradition orale veut qu’un ancêtre de la famille Steullet ait traversé la Bérésina en s’agrippant à la queue d’un cheval, puis soit finalement rentré au village. fy

Napoléon quitte ses soldats et cherche à reconstruire une armée : les angoisses de la conscription

Celui qui, non content de dominer sur la terre, avait encore voulu commander aux éléments. Cet imprudent, abandonnant son armée, prit la fuite et arriva gaiement à Paris, à la fin du mois d’octobre 1812.

Le restant de son armée, qui n’avait pas péri, est venu s’enfermer dans les villes fortes de la Prusse, qui lui avait fournit pour cette expédition 30’000 hommes. Ceux-ci, au commencement de cette campagne, lui tournèrent le dos et se joignirent aux Russes qui poursuivaient les Français, qui n’avaient pu tous entrer dans les forteresses de la Prusse, jusqu’en Saxe.

L’hiver se passa de part et d’autre dans ce calme apparent qui toujours précède les grands orages. Des deux côtés on se préparait cependant à de grands coups.

Recrutés de force

La France se recrutait et enlevait de force ou de bonne volonté, les garçons jusqu’à l’âge de 35 ans. Un remplaçant se vendait communément 100 louis d’or à Delémont.

Dans le Jura, les jeunes de 21 à 25 ans, sont réfractaires à la réquisition militaire. Ils se réfugient sur le Mont, près de Courtételle.

Rollat est sollicité pour prendre le commandement, mais il refuse :

...j’avais appris à Courrendlin combien il était désagréable de commander un corps indiscipliné ... p. 167

Voir la bataille de Courrendlin

Le printemps arrivé, ce même Napoléon dont les Anglais avaient annoncé qu’il était in extremis, voulut encore tenter la fortune. Il se mit en campagne avec une armée composée de beaucoup de monde, mais peu de soldats et de cavalerie, qu’il dirigea derechef en personne sur la Saxe, ou il remporta deux victoires consécutives dans le courant de mai 1813.

Après que l’on parla de suspension d’armes et du bruit de paix, et il fut convenu qu’il y aurait un congrès général à Pragues (sic). Ce qui a eu lieu et il a duré jusqu’au mois d’août suivant.

Cependant, ce congrès n’était qu’un paillatif (sic) et qu’une ruse de guerre, pendant la durée duquel les puissances belligérantes firent avancer des troupes fraîches pour mettre à même de recommencer la guerre.

L’alliance contre Napoléon

Les Alliés donnèrent la suprême autorité à l’empereur d’Autriche, qui fournit de suite son contingent pour combattre Napoléon, son gendre. Bonaparte cette fois se vit abandonné et livré à lui-même.

La guerre éclata en Bohême, où les Français furent battus et repoussés jusqu’à Dresde, où ils perdirent une bataille des plus sanglantes.

Enfin ce Bonaparte perdit en Allemagne six batailles et fut contraint, en 1813, de repasser le Rhin à Mayence avec les débris de son armée se montant à 60’000 hommes, qu’il fit enfermer dans des forts. La rage au cœur, il fit semblant de se désaisir (sic) des fatigues de la guerre. Il est vrai que ses ennemis profitèrent de son repos et de l’insouciance qu’il a mis à abandonner la rive gauche du Rhin sans défense.

Il était bien forcé, car il n’avait plus d’armée, la rive droite de ce fleuve était notamment, aux environs de Bâle, couverte de soldats qui formaient une armée de 800’000 hommes se dirigeant sur la France, commandés en personnes par les empereurs d’Autriche et de Russie et par le roi de Prusse.

Les alliés envahissent la Principauté

Ceux-ci, après avoir reçu la communion, chacun dans sa religion, firent serment de ne pas poser les armes que d’un commun accord. Ces phalanges s’ébranlèrent le 21 décembre 1813 et ce jour là, la ville de Bâle fut encombrée de troupes dont une partie entra en Alsace et 150,000 environ dans l’Evêché de Bâle. Ce passage des troupes alliées dura jusqu’à la fin de mars 1814.

Pour comble de malheurs pour notre pays, indépendamment de la quantité de bétail, la ville de Delémont seule devait fournir 12’000 livres tous les jours, plus de l’eau-de-vie et de l’avoine. En conséquence, on était obligé de fournir à chaque soldat pain, viande, légumes et eau-de-vie. Il fallait traiter les officiers en conséquence. Encore cet allemand brutal nonobstant que l’on faisait le nécessaire, se permettait de traiter leurs hôtes à coups de bâton.

C’est le 24 du dit mois que j’ai commencé à loger et pendant tout ce temps du passage. J’ai reçu pour ma part les visites et politesses de ces soldats. On peut juger des dépenses énormes qu’il en a coûté dans notre pays.

Une partie de ces armées s’est portée directement sur Troye (sic) en Champagne, par Belfort, où elle a rencontré une partie de celles de Bonaparte, qu’elle a battue en diverses reprises et de là s’est transportée devant Paris, où tous les Alliés étaient réunis. Ils y entrèrent le. 31 mars 1814, aux cris mille fois répétés de vivent les Souverains alliés, vive la paix, vivent nos libérations.

Les cris de vivent les Bourbons, vive le roi Louis XVIII se firent aussi entendre.

Alors les puissances alliées déclarent ne plus vouloir traiter avec Napoléon ni avec aucun de sa famille. En conséquence, le Sénat assemblé, décréta à l’unanimité qu’il était déchu du trône, ainsi que toute sa famille et que Louis-Xavier était acclamé roi de France, sous le nom de Louis XVIII.

Cet homme sanguinaire, qui a fait verser le sang d’un million d’hommes, dont le règne a duré 13 ans et qui naguère était la terreur du monde, a abdiqué à Fontainebleau, le 4 avril suivant, en demandant la souveraineté de l’Ile d’Elbe avec 6 millions de francs pour pension annuelle, ce qui lui fut accordé.

Remarque : l’orthographe originale est respectée. A noter que Daucourt utilise indifféremment Rollat et Rolat.

Source :

Abbé A.Daucourt, Mémoires de François-Ferdinand Rollat de Courchapoix, de 1792 à 1822, publiés dans Episodes de l’histoire de Delémont au XVIIIe siècle par A. Daucourt, archiviste, imprimerie Grobéty et Membrez, 1910.

Le manuscrit original se trouve au Musée jurassien d’art et d’histoire, à Delémont. 

 

La principauté quitte la France et devient bernoise 

La défaite de Napoléon entraîne la remise en cause des frontières. Les pays occupés se séparent de la France.

La principauté retrouve une indépendance provisoire, avant d’être rattachée à Berne.

Période sombre pour F.F.Rollat qui porte un jugement acide sur le baron d’Andlau, chargé provisoirement d’administrer l’ancienne principauté épiscopale.

pp.192-197

Le 23 mai 1814, le comte d’Artois, présentement Monsieur, en qualité de lieutenant général du Royaume, conclut avec les Puissances alliées un traité par lequel la France rendait tous les pays qu’elle avait conquis, sauf la restitution de quelques frontières.

C’est de cette époque que date l’indépendance de l’Evêché de Bâle qui fut séparé de la France que je livre à son malheureux sort pour ne plus m’occuper que de mon pays, la Principauté de Bâle.

Les Puissances alliées nommèrent des gouverneurs pour régir les provinces qu’elles avaient subjuguées en attendant la décision du Congrès qui devait incessamment avoir lieu à Vienne en Autriche.

le baron d’Andlau

La Principauté de Porrentruy fut gouvernée par M. le baron d’Andlau, fils du bailli de Byrsech près d’Arlesheim, où il est né. Forcé de s’expatrier à la Révolution, il se réfugia dans la Brisgau où il fut nommé président du tribunal de Fribourg.

Le baron appelle les "Kaiserlicks"

Quelques mécontents de Porrentruy se permirent d’afficher des sarcasmes contre Son Excellence qui fit venir des troupes autrichiennes ainsi qu’à Delémont, pour maintenir l’ordre et en imposer aux audacieux.

Les impôts restent lourds et le baron d’Andlau intrigue

Nonobstant que le pays était très obéré, il laissa subsister la première année de son gouvernement, les impôts onéreux exigés par la France.

Il se contenta d’habiter à Arlesheim où ses vils intrigants allaient de temps en temps le trouver pour prévenir cet homme faible contre les autorités qui n’étaient point de son avis.

C’est pourquoi j’ai été convaincu. Lorsqu’un jour, en ma qualité d’adjoint, je voulus lui faire rapport sur le moral des habitants de cette ville où je disais que quelques mauvais sujets avaient démontré de l’effervescence. A ce mot il m’interrompit en me disant que je ne devais pas me servir de ce terme. Sur quoi je lui tournai le dos.

Rollat ne supporte pas le manque d’autorité et d’ordre

Le 15 août, un malotru, sortant du conciliabule où étaient ces mêmes intrigants, se permit de venir m’insulter à l’hôtel-de-ville, en me mettant le poing sous le nez. Je le fis de suite arrêter par les Autrichiens qui le conduisirent en prison.

Mais le peuple, qui en avait été prévenu à temps, s’ameuta dans les rues et obtint sa sortie de prison de l’autorité compétente. Dégoûté d’être en place sous un gouvernement pareil et instruit qu’on se proposait de faire des changements dans l’administration, je pris le parti de donner ma démission d’adjoint.

Que devient la Prévôté de Moutier-Grandval ?

La Prévôté, l’Erguel et Bienne, qui autrefois avaient des liaisons intimes avec Berne et qui les avaient renouées, n’avaient pas voulu supporter le joug du baron d’AndIau, nonobstant les belles paroles qu’il leur débitait.

Ils résistèrent même à ses menaces d’exécution militaire. Ces endroits étaient garnis de troupes suisses, aussi ils ont préféré rester dans l’anarchie jusqu’au commencement d’octobre 1815.

Ils furent alors organisés provisoirement par son Excellence d’Escher, du canton de Zurich, qui avait succédé au gouvernement du baron d’Andlau, en attendant que ce pays fut définitivement classé.

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Johann Conrad Escher

Essai de retour du dernier Prince-Evêque, mis en scène par le baron d’Andlau

Son Altesse Monseigneur de Neveu, à qui le St-Père a rendu la partie de l’Evêché dont Porrentruy et Delémont avaient été incorporés à celui de Strasbourg, fut, à la fin de janvier 1815, amené à Delémont par le sieur d’Andlau.

Celui-ci lui faisait accroire que le Congrès qui allait s’assembler à Vienne lui ferait restituer ses Etats.

Pour le lancer davantage, on fit, à son arrivée à Porrentruy, dételer les chevaux de son carosse (sic) pour le faire traîner par des paysans.

Mais on a dit que ce respectable vieillard n’en avait pas été dupe. Il doit avoir dit que ce Monsieur d’Andlau avait plus travaillé pour devenir chef du pays que pour le Prince. Tout porte à le croire quand on sait les manœuvres et les ressorts qu’il faisait jouer.

Le baron d’Andlau cherche à rester au pouvoir, alors que le Congrès de Vienne va décider le sort du Jura

Un jour le maire de la ville fit appeler à l’hôtel-de-ville tous les chefs de famille pour signer une pétition portant qu’il plut aux Puissances de réintégrer le Prince dans ses Etats ou d’ériger le Jura en canton sans désigner quel serait son gouvernement. Ce qui faisait déjà augurer que son plan était de se mettre à la tête.

Ce qui venait encore à l’appui étaient les projets de constitution qu’il avait fait mettre en avant pour un gouvernement aristocratique. Mais Dieu soit loué, tout est resté dans le néant encore, malgré la députation qu’il avait envoyée à Vienne en son propre et privé nom, qui sans doute fut contrariée par celle de la Confédération suisse.

20 mars 1815, le Congrès de Vienne fixe le sort de la Principauté

Ce fut donc le 20 mars 1815 que les Hautes Puissances assemblées au Congrès de Vienne décrétèrent que l’Evêché de Bâle ferait partie du canton de Berne jusqu’au territoire d’Aesch. Les villages au-delà, y compris Aesch, qui sont au nombre de neuf, feraient partie de celui de Bâle et le canton de Neuchâtel aurait un petit hameau pour rectifier ses limites, en ajoutant que les actes respectifs de réunion seraient dressés par des commissions composées d’un nombre égal de députés de chaque partie intéressée.

Ceux pour l’Evêché de Bâle devaient être choisis par le canton directeur parmi les citoyens les plus notables du pays.

Les troupes suisses remplacent les kaiserlicks

En conséquence, les troupes suisses relevèrent vers la fin d’avril 1815 les Autrichiens et occupèrent tout le Jura.

Alors l’amiable Monsieur le baron d’Andlau, dont le rôle était fini, le remit à Porrentruy, le 23 août suivant, à L. Ex. M. d’Escher, nommé commissaire général par le canton directorial (Zurich)pour le régir en attendant que l’Acte de réunion fut dressé...

L’Acte de réunion

A l’Assemblée, pour dresser l’Acte de réunion, furent nommés commissaires

par le Conseil de Berne,

- MM. Abraham-Frédéric de Mutach, conseiller d’Etat et chancelier de l’Académie,

- David-Rodolphe de Fellenberg, conseiller d’Etat, président du tribunal matrimonial suprême,

C’est de père de Philippe-Emmanuel Fellenberg, auteur de la loi scolaire bernoise qui régira après 1830, l’école jurassienne. 

- Charles-Rodolphe Kirchberger, de Roll, ancien conseiller d’Etat,

- Amédée de Jenner, ancien conseiller d’Etat, baillif à Interlaken,

- Emmanuel-Louis d’Augsprunger, du Conseil souverain, professeur des sciences politiques,

- Albert-Frédéric de Mai de Schâdeau, du Conseil souverain, commissaire général.

D’autre part, le canton de Zurich a nommé députés pour l’Evêché de Bâle

- MM. Ursanne-Joseph Conrad baron de Billieux, de Porrentruy, lieutenant du Commissariat général de la Confédération dans l’Evêché de Bâle, ancien officier major aux gardes suisses de Louis XVI,

- Pierre-Joseph Arnoux, maire de la ville de Porrentruy et conseiller au tribunal d’instance de la même ville,

- Antoine de Grandvillers, maire de la ville de Delémont, lieutenant-colonel du régiment suisse de Reinach, chevalier de l’Ordre militaire de St-Louis,

- Jacob Gobat, ancien maire et notaire de Crémines, juge de paix et président du tribunal de première instance du district de la Prévôté de Moutier-Grandval,

- Jean-Henri Belrichard maire et notaire de Courtelary, ancien capitaine au service de Prusse,

- Jacob-George Chiffelle, président du Conseil de Neuveville,

- Frédéric Heilmann, de Bienne, membre de la Commission de régence nommée par le Grand et petit Conseil de cette ville.

Daucourt ajoute :On remarquera que les Franches-Montagnes, le Laufonais et St-Ursanne n’étaient pas représentés à ce Congrès de Bienne, quoique ces pays avaient alors une population égale à la Prévôté et bien supérieure à la Neuveville qui n’avait pas mille âmes. Berne avait six députés et le Jura sept,

Ces députés se réunissent en congrès de Bienne

du congrès de Vienne à celui de Bienne !

Lesquels se sont réunis, à Bienne le 3 octobre 1815 et dressèrent l’Acte de réunion entre le canton de Berne et l’Evêché de Bâle.

Le chroniqueur relate ensuite dans ses Mémoires tous les articles de ce fameux contrat au nombre de 25, texte non repris par Daucourt.

Les articles de ce traité étant conformes aux stipulations, fixées par le récis de Vienne, pour servir de règle aux rapports à établir entre le gouvernement de Berne et l’Evêché de Bâle et les commissaires respectifs estimant avoir satisfait à leur mission, ont signé le présent Acte de réunion en deux doubles. Fait et dressé à Bienne le 14 octobre 1815.

Suivent les signatures des noms parlés en tête de cet acte.

Les tabatières ...

En récompense, les députés de l’Evêché ont reçu de L. L. Ex. de Berne une tabatière en or de la valeur de 50 louis d’or

Daucourt remarque : on ne connaît plus qu’une de ces tabatières. Elle appartient à M. Gobat, conseiller d’Etat à Berne et qui était celle de Jacob Gobat, de Crémines, son grand-père et l’un des signataires du traité de Bienne. Cette tabatière a figuré à l’Exposition historique de Moutier, en 1909.

Rolat reproduit en entier un long discours d’adieu du baron d’Andlau, remettant l’Evêché aux Bernois, daté du 30 décembre 1815. (non repris par Daucourt)

Berne "récompense " le baron d’Andlau.

Dans le courant de janvier suivant, le Conseil souverain de Berne nomma le baron d’Andlau membre du dit Conseil.

Le 24 décembre 1815, la Ville et République de Berne avait pris possession de la partie de l’Evêché qui lui avait été assignée par le Congrès de Vienne.

Et Berne nomme aussitôt des baillis !!!

M. de Mutach, commissaire de Berne, accompagné de

M. de Wurstemberg, grand baillif de Delémont,

de Jenner, grand baillif de Porrentruy,

de Bodt, grand baillif de Moutier,

de May, grand baillif de Courtelary et

d’Erlach, grand baillif de Saignelégier,

sortit à 10 heures du Château de Delémont, où il était logé, pour se rendre à la préfecture où l’attendaient les principales autorités du pays. Il leur donna lecture de la proclamation de la prise de possession.

Rolat rapporte en entier tous les discours, non repris par Daucourt.

Les discours finis le commissaire donna la main à tous les fonctionnaires présents. Ceux-ci le reconduisirent au Château épiscopal, possédé par M. Verdan. A deux heures, grand dîner à l’hôtel-de-ville, suivi d’un bal.

Le Conseil de la ville est élu et Rollat est nommé juge-suppléant au Tribunal.

Dans le courant de mai 1816, M. le grand baillif me nomma juge d’instruction au tribunal, sans aucune rétribution. p.198

Constitution nouvelle du canton et rétablissement des bourgeoisies.

Remarque : l’orthographe originale est respectée. A noter que Daucourt utilise indifféremment Rollat et Rolat.

Source :

Abbé A.Daucourt, Mémoires de François-Ferdinand Rollat de Courchapoix, de 1792 à 1822, publiés dans Episodes de l’histoire de Delémont au XVIIIe siècle par A. Daucourt, archiviste, imprimerie Grobéty et Membrez, 1910.

Le manuscrit original se trouve au Musée jurassien d’art et d’histoire, à Delémont.

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Marlène
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A partir de feuilles de maïs séchées, de diverses récoltes d’éléments végétaux, Marlène crée des personnages de contes. Elle commence par sécher des feuilles d’épis de maïs très longtemps. Au moment de les employer, elle les humidifie pour les assouplir. En leur donnant une forme, contrainte par des épingles et des fils, elle les laisse à nouveau sécher. Les feuilles prennent alors leur forme définitive. Les barbules du maïs serviront de perruques, de postiches. Pour les coiffures, des cupules de glands de chênes ou de foyard, des morceaux d’écorce d’orange, et bien d’autres morceaux végétaux feront l’affaire. L’imagination de Marlène est sans bornes et elle donne vie à tout un petit monde de rêve. Rue des Oeuches - 2825 Courchapoix
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Tritout
Déchetterie
Horaires d'ouverture : Mercredi 15 h - 18 h - Vendredi 14 h - 17 h - Samedi (été) 9 h -12 h / 13 h 30 - 15 h 30 - Samedi (hiver) 9 h - 12 h / fermé l'après-midi - Les horaires d’été et d'hiver entrent en vigueur dès le 1er samedi qui suit le changement d’heures en Suisse Fermeture spéciale : Du mercredi 27 décembre 2017 au mardi 2 janvier 2018
Page internet
Route de Recolaine 48 à 2824 Vicques, 032 435 51 01
SEOD
Décharge contrôlée
Horaires d'ouverture : Du lundi au vendredi de 7 h 30 - 11h30 et de 13 h 30 - 16 h 30
Site internet
La Courte Queue à 2856 Boécourt, 032 426 55 71
Moloks
Sacs taxés
Horaires pour déposer les sacs taxés : Du lundi au vendredi de 6 h à 22 h. Deux moloks se trouvent à l'entrée Ouest du village, à proximité du hangar SIS. Un autre se trouve à l'extrémité du pont du Vevie, au bout de la rue du Petit Bâle. Par ailleurs, obligation d'utiliser seulement des sacs officiels SEOD taxés de 17-35-60-110 litres.
Page internet
La Courte Queue à 2856 Boécourt, 032 426 55 71
Scolarité
Cercle scolaire
La commune de Courchapoix fait partie du cercle scolaire du haut du Val-Terbi, de la 1ère Harmos, jusqu'à la 8ème année Harmos. Durant cette période, les écoliers peuvent être amenés à ce déplacer avec des moyens de transports adaptés. De la 9ème année Harmos et jusqu'à la 11ème année Harmos, les enfants suivent l'école secondaire à Vicques.
Page internet
Ecole des Oeuches, rue du Petit Bâle 17 à 2825 Courchapoix, 032 438 82 21
Bibliobus
Médiathèque
Rendez-vous : Place de parc devant l'école primaire, le mardi de 15 h - 16 h 45, aux dates suivantes : 21 novembre et 19 décembre
Page internet
Université populaire jurassienne, rue de Chêtre 36 à 2800 Delémont, 032 421 40 10
  • Tritout Route de Recolaine 48 à 2824 Vicques, 032 435 51 01
  • SEOD La Courte Queue à 2856 Boécourt, 032 426 55 71
  • Moloks La Courte Queue à 2856 Boécourt, 032 426 55 71
  • Scolarité Ecole des Oeuches, rue du Petit Bâle 17 à 2825 Courchapoix, 032 438 82 21
  • Bibliobus Université populaire jurassienne, rue de Chêtre 36 à 2800 Delémont, 032 421 40 10

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Conseil communal et personnel administratif

Est à disposition de la population sur rendez-vous - 079 270 27 37 - mairie@courchapoix.ch
032 438 80 88 - ecoles@courchapoix.ch
Daniel Steullet Eau et électricité
032 438 88 54 -service.electricite.eau@courchapoix.ch - site SEVT, syndicat des eaux du Val Terbi, http://www.sevt.net/cms/
Noémie Rollier
Noémie Rollier Finances et école primaire
076 431 38 21 - finances@courchapoix.ch
Céline Jaussi
Céline Jaussi Oeuvres sociales
076 564 80 14 - social@courchapoix.ch
Luc Dominé Travaux publics
079 244 17 74 - travaux.publics@courchapoix.ch
Christophe Dominé Bourgeoisie et forêts
078 610 39 76 - bourgeoisie.forets@courchapoix.ch
Corinne Bart
Corinne Bart Caissière communale
032 438 88 54 - caisse.com@courchapoix.ch
Yolande Bueschlen
Yolande Bueschlen Secrétaire communale
032 438 88 54 -admin.com@courchapoix.ch - En cas d’urgence, la secrétaire est atteignable à son domicile - 032 438 87 43
Michel Cuttat Huissier communal
032 438 01 35
Mathis Rhody Voyer communal
079 678 60 75
032 435 14 03 - 076 588 77 17
Bureau communal
Bureau communal Secrétariat et caisse
Administration communale - Route Principale 1 - 2825 Courchapoix - Tél 032 438 88 54 - Fax 032 438 88 54 - Horaires d'ouverture : Lundi de 13 h 30 à 14 h 30 et de 19 h à 19 h 45 - Mercredi de 9 h à 10 h.